L'Église face aux fêtes païennes
À partir du VIIe siècle, le christianisme s'étend progressivement sur les territoires celtiques (actuelles Irlande, Écosse, pays de Galles, Bretagne). Face à des fêtes païennes profondément ancrées dans les traditions populaires, l'Église adopte une stratégie qu'elle a souvent utilisée ailleurs : plutôt que d'interdire purement et simplement ces célébrations, elle les recouvre d'un vernis chrétien.
C'est ainsi qu'en 609, le pape Boniface IV instaure la fête de la **Toussaint**, dédiée à l'origine à tous les martyrs chrétiens. Elle est alors célébrée le 13 mai.
Le glissement de date vers le 1er novembre
C'est au VIIIe siècle que tout bascule : le pape Grégoire III décide de déplacer la fête de la Toussaint au **1er novembre**, et l'étend à l'ensemble des saints, et non plus seulement aux martyrs. Le choix de cette date n'est pas anodin : elle coïncide précisément avec Samhain, célébrée la veille, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre.
En plaçant une fête chrétienne majeure juste après la fête celtique, l'Église espère détourner progressivement les populations de leurs anciennes croyances, tout en conservant le rythme calendaire auquel elles étaient habituées.