Pourquoi les sorcières sont-elles associées à Halloween ?

Un chapeau pointu. Un balai. Un chaudron bouillonnant. Un chat noir observant silencieusement dans l’obscurité.

Il suffit de quelques éléments pour reconnaître immédiatement l’une des figures les plus emblématiques d’Halloween :

la sorcière. 

Chaque année, elle apparaît sur les décorations, dans les films, les déguisements et les histoires racontées à la lueur des bougies.

Mais pourquoi les sorcières sont-elles devenues aussi étroitement associées à Halloween ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’existe pas une seule origine.

L’image de la sorcière d’Halloween est le résultat d’un étonnant mélange de folklore, croyances anciennes, peur de la magie, persécutions historiques, littérature et culture populaire.

Pour comprendre comment elle est arrivée sur son balai jusqu’au 31 octobre, il faut remonter plusieurs siècles en arrière.

Bien avant la sorcière d’Halloween

Les croyances concernant la magie et les personnes capables d’utiliser des pouvoirs surnaturels sont bien plus anciennes qu’Halloween.

Dans de nombreuses civilisations, on retrouve des guérisseurs, devins, magiciens et personnages auxquels étaient attribuées des capacités extraordinaires.

Certaines pratiques pouvaient être considérées comme bénéfiques.

D’autres inspiraient la méfiance.

On pouvait faire appel à des personnes connaissant les plantes pour préparer des remèdes, demander conseil à des devins ou utiliser des charmes destinés à protéger une maison, un animal ou une récolte.

Mais lorsque quelque chose tournait mal — maladie, mauvaise récolte, mort inexpliquée — la magie pouvait également devenir une explication commode.

Et avec elle apparaissait la peur de ceux que l’on soupçonnait de la pratiquer.

Quand la sorcellerie devient une menace

À la fin du Moyen Âge et surtout au début de l’époque moderne, la perception de la sorcellerie change profondément dans une partie de l’Europe.

La sorcière n’est plus seulement une personne supposée pratiquer la magie.

Elle peut désormais être accusée d’avoir conclu un pacte avec le Diable.

Les croyances se transforment.

Des récits décrivent des réunions nocturnes, des maléfices, des vols dans les airs et des cérémonies démoniaques.

Entre le XVe et le XVIIIe siècle, des dizaines de milliers de personnes furent exécutées en Europe dans le contexte des chasses aux sorcières.

La majorité des personnes accusées étaient des femmes, même si des hommes furent également poursuivis.

Derrière l’image amusante de la sorcière que nous utilisons aujourd’hui pour Halloween se cache donc une histoire réelle beaucoup plus sombre.

Quel rapport avec Halloween ?

Halloween s’est développée au fil des siècles à partir de plusieurs influences : anciennes traditions saisonnières, folklore irlandais et britannique, fêtes chrétiennes autour de la Toussaint et des morts, puis traditions populaires nord-américaines.

La nuit du 31 octobre était déjà fortement associée au surnaturel.

Fantômes.

Esprits.

Divination.

Créatures inquiétantes.

Histoires racontées dans l’obscurité.

Les sorcières trouvèrent naturellement leur place dans cet univers.

Dans le folklore européen, certaines nuits particulières étaient réputées propices aux phénomènes surnaturels et aux rassemblements de sorcières.

Avec le développement d’Halloween comme grande fête populaire au XIXe puis au XXe siècle, la sorcière devient progressivement l’un de ses personnages incontournables.

Pourquoi les sorcières volent-elles sur un balai ?

Impossible d’imaginer une sorcière traditionnelle sans son balai.

Mais pourquoi un objet aussi banal est-il devenu une monture magique ?

Le balai était historiquement un objet domestique courant, souvent associé au travail ménager et donc, dans les représentations traditionnelles, aux femmes.

À partir de la fin du Moyen Âge, des illustrations et récits européens commencent à représenter des sorcières se déplaçant dans les airs.

Certaines chevauchent des bâtons.

D’autres des fourches.

Et progressivement…

des balais.

L’image est spectaculaire et immédiatement reconnaissable.

Au fil du temps, littérature, illustrations puis cinéma vont définitivement installer le balai comme moyen de transport officiel de la sorcière imaginaire.

Une tradition était née.

Et le fameux chaudron ?

Dans les histoires d’Halloween, une sorcière possède presque toujours un chaudron.

À l’intérieur ?

Une potion verte et fumante, évidemment.

Dans la réalité, le chaudron était simplement un objet extrêmement courant.

On l’utilisait pour préparer les repas, chauffer de l’eau et accomplir de nombreuses tâches domestiques.

Mais le folklore lui attribua progressivement une dimension beaucoup plus mystérieuse.

Le chaudron devint le récipient idéal pour préparer :

potions, remèdes, poisons, philtres et mixtures magiques.

La littérature et le théâtre contribuèrent énormément à cette image.

Dans Macbeth de William Shakespeare, trois mystérieuses sorcières préparent notamment une mixture dans un chaudron en récitant leurs prophéties.

L’image de la sorcière mélangeant une potion était déjà en marche.

Pourquoi les sorcières ont-elles un chat noir ?

Autre compagnon incontournable :

le chat noir.

Dans certaines croyances européennes, les sorcières étaient supposées posséder des « familiers », c’est-à-dire des êtres surnaturels ou animaux associés à leurs pouvoirs.

Chats, crapauds, chiens et autres animaux pouvaient être concernés.

Le chat noir devint progressivement le plus célèbre d’entre eux.

Sa capacité à se déplacer silencieusement dans l’obscurité, ses yeux brillants et son comportement parfois mystérieux ont probablement contribué à nourrir les superstitions.

Dans certaines histoires, une sorcière pouvait même prendre elle-même l’apparence d’un chat.

L’association était parfaite.

Sorcière + chat noir + nuit = une combinaison qui allait devenir indissociable d’Halloween.

D’où vient le chapeau pointu ?

Voilà un mystère plus compliqué qu’il n’y paraît.

Le fameux grand chapeau noir à pointe n’a probablement pas une origine historique unique.

Différents types de chapeaux pointus apparaissent dans l’art européen au fil des siècles et plusieurs théories tentent d’expliquer leur association avec les sorcières.

Mais aucune explication simple ne fait aujourd’hui consensus.

Ce que l’on sait, en revanche, c’est que les illustrations, contes, cartes postales, costumes puis productions hollywoodiennes ont progressivement fixé l’image que nous connaissons.

Longue robe noire.

Grand chapeau pointu.

Balai.

Et éventuellement quelques verrues pour compléter le portrait.

Au XXe siècle, cette silhouette était devenue universellement reconnaissable.

Pourquoi représente-t-on les sorcières avec la peau verte ?

Historiquement, les sorcières n’étaient évidemment pas supposées être vertes.

Cette couleur doit beaucoup à la culture populaire moderne.

L’un des exemples les plus célèbres apparaît dans le film Le Magicien d’Oz, sorti en 1939.

La Méchante Sorcière de l’Ouest y possède une peau verte spectaculaire.

L’image marque durablement le cinéma et l’imaginaire collectif.

Le vert devient alors particulièrement efficace pour représenter potions, poisons, magie inquiétante et sorcières.

Aujourd’hui encore, une peau verte accompagnée d’un chapeau pointu suffit souvent à identifier immédiatement une sorcière.

Sorcières et divination à Halloween

Il existe également un lien plus subtil entre sorcellerie et Halloween :

la divination.

Pendant longtemps, certaines traditions populaires liées à Halloween ne cherchaient pas seulement à effrayer.

Elles servaient aussi à essayer de connaître l’avenir.

Qui allait se marier ?

Qui rencontrerait son futur époux ou sa future épouse ?

Que réservait l’année suivante ?

Des jeux utilisant pommes, noix, miroirs ou autres objets étaient pratiqués dans certaines régions.

Cette dimension divinatoire renforçait naturellement l’association entre Halloween, magie et sorcières.

La sorcière devient une star d’Halloween

Au XIXe siècle, Halloween commence à évoluer fortement en Amérique du Nord.

Puis, au début du XXe siècle, cartes postales, décorations et illustrations contribuent à établir tout un vocabulaire visuel.

Citrouilles.

Chats noirs.

Fantômes.

Chauves-souris.

Lunes.

Et bien sûr…

sorcières.

Le cinéma prend ensuite le relais.

Les sorcières peuvent être terrifiantes, comiques, élégantes ou même attachantes.

Elles deviennent des personnages incontournables des histoires fantastiques.

Halloween finit par leur offrir leur nuit idéale.

Une sorcière bien différente aujourd’hui

L’image de la sorcière a énormément changé.

Elle n’est plus nécessairement la vieille femme inquiétante au nez crochu des anciens contes.

La culture populaire moderne propose désormais toutes sortes de sorcières :

maléfiques ou bienveillantes,

effrayantes ou amusantes,

anciennes ou modernes,

solitaires ou vivant en communauté.

Certaines œuvres ont même complètement renversé l’image traditionnelle pour faire de la sorcière une héroïne.

Mais quelques accessoires résistent toujours.

Un chapeau.

Un balai.

Un chaudron.

Un chat noir.

Ajoutez une pleine lune derrière elle…

et nous savons immédiatement quelle nuit approche.

Pourquoi la sorcière est-elle devenue indissociable d’Halloween ?

Parce qu’elle réunit presque tout ce qui constitue l’imaginaire de cette fête.

La nuit.

La magie.

Les superstitions.

Le surnaturel.

La peur.

Et surtout, le plaisir de jouer avec tout ce qui nous effraie habituellement.

Au cours des siècles, histoire, folklore et fiction ont progressivement transformé la sorcière en personnage fantastique.

Une figure autrefois redoutée est devenue l’un des déguisements les plus reconnaissables au monde.

Ainsi, chaque 31 octobre, lorsque les balais ressortent, que les chaudrons commencent à fumer et que les silhouettes aux chapeaux pointus apparaissent devant la pleine lune…

les sorcières reprennent possession de la nuit.

Le saviez-vous ?

L’image traditionnelle de la sorcière d’Halloween n’est pas issue d’une seule époque.

Le balai, le chaudron, le chat noir, le chapeau pointu et même la peau verte ont des histoires différentes.

C’est leur réunion progressive dans le folklore, les illustrations, la littérature et le cinéma qui a créé la sorcière d’Halloween telle que nous la connaissons aujourd’hui.